Le titre informatif

Image générée grâce à Canva à partir d’un article du Monde (version print du 16 avril 2026)
C’est le titre-roi de la presse quotidienne, mais aussi des articles de la presse périodique qui ont pour but premier d’apprendre une actualité au lecteur, quelle que soit la rubrique dans laquelle il se trouve. C’est un titre qui se base sur les faits, moins sur l’analyse, qui va direct à l’essentiel. Il est donc relativement facile à trouver. Il faut cependant tenir compte de règles importantes.
1. Partir des questions de référence
Celles qui guident le journalistes pour les articles d’information qu’on appelle les 5 W :What, Why, Who, When, Where. Autrement dit Qui, Quoi, Où, Quand, Comment. Pour le titre, on gardera les deux plus importantes : Qui ? Quoi ? Car un bon titre doit être court et précis. Et il faut choisir le plus important. Où Quand et Comment apparaitront le plus souvent secondaires. Le choix de faire court ne doit toutefois pas gêner la compréhension du sens du titre.
Suivant la mise en page, la maquette peut nécessité des titres beaucoup plus long. On puisera alors dans les questions suivantes. Sur le Web, on n’est pas bloqué par un nombre de signes précis. Mais ce n’est pas une raison pour faire des titres à rallonge parce qu’on ne prend pas la peine de trouver quelque chose de court (et donc de percutant).
2. Condenser
Il faut éliminer les redondances. Les mots inutiles aussi qu’affectionnent les journalistes débutants. Exemple cité dans le cours de SR : Il rêve de pouvoir chanter ne dit rien de plus que Il rêve de chanter. C’est juste plus long et moins fort. On chasse les compléments d’information non essentiels. C’est le jeu des « Je vends de bonnes oranges pas chères » sur l’étal du marchand :
– si elles n’étaient pas bonnes, je ne les vendrais pas.
– le prix est marqué
– vous voyez bien que ce sont des oranges, etc.
Il ne faut pas aller trop loin non plus avec ce petit jeu là. Il faut garder l’essentiel : oranges pas chères
3. Jouer avec le groupe titre,
Particulièrement avec le surtitre pour situer l’action ou donner le domaine concerné par l’article. On répartit ainsi l’information et on allège le titre. Ainsi le titre du Mensuel de Rennes (excellent magazine local). Le groupe titre fonctionne mieux et interpelle plus que si on avait La guerre des images sévit dans les mouvements sociaux

4. Avec ou sans verbe.
Deux grandes voies pour l’écriture d’un titre informatif : soit sujet – verbe – complément, soit une construction sans verbe.
Cela va dépendre entre autres de la mise en page. Mais aussi de la force que l’on veut donner au titre. De sa place aussi. En une, on fera forcément court. Un papier d’éclairage à l’intérieur aura moins besoin de « vendre » l’article au lecteur.

Le premier indique l’action, le second est ramassé et insiste d’emblée sur le mot clé.
5. Utiliser les deux points
Pour faire plus court, une fois chassés mots superflus
Ici, cette configuration n’est pas très heureuse visuellement. Je préfère éviter les deux points tout seuls en bout de ligne. D’autant que le retour à la ligne suffit. Dans ce cas, on pourrait les supprimer.
Les deux points peuvent aussi restreindre l’angle. Même si Orban avait l’habitude de s’opposer à l’Europe, le titre indique que dans l’article, on ne va parler que des réfugiés.
Marianne aime beaucoup les deux points… Le Monde aussi. Cela leur permet aussi de remplacer les surtitres puisqu’on y place souvent des chapeaux au dessus du titre. Et donc pas la place pour un sur-titre.
En passant, pour les deux derniers exemples, vous avez là un bon exemple de comment fonctionne l’articulation entre un sujet et l’angle choisi. Sujet : le travail au noir. Angle : la fraude patronale.
On peut également remplacer les deux points par une virgule. Ce qui est visuellement plus discret.
Voici un exercice inspiré de celui cité dans l’excellent livre d’Yves Agnes, Manuel de journalisme (page 147)
Pour plus d’un quart des Alsaciens, l’eau du robinet dépasse les normes de concentration en pesticides.
Il faut trouver un titre le plus court et plus percutant.
Le meilleur moyen, c’est de répartir les infos dans le groupe titre. Cela permet d’être plus précis et d’alléger le titre (voir plus haut le titre du Mensuel de Rennes). Mais à un moment, il faut faire des sacrifices. Et donc, il faut trouver quelle est l’information, le message essentiel de l’article, celle qu’il faut absolument garder. C’est : la concentration des pesticides dans l’eau dépasse les normes. Il faut donc ces éléments dans le groupe titre.
Le fait que cela se passe en Alsace est relativement secondaire. Et encore plus secondaire le fait que cela ne concerne qu’un quart des Alsaciens. Le lecteur s’intéresse à sa propre santé et c’est le genre d’info à laquelle il peut d’identifier car on sait qu’il y a des pesticides dans l’eau du robinet un peu partout. On peut donc alléger cette info.
On ne retiendra donc pas
(surtitre) Concentration de pesticides dans l’eau du robinet
(titre) Un quart des Alsaciens touché
Mais plutôt
(Sur-titre) Concentration en pesticides
(Titre) L’eau des Alsaciens dépasse les normes
On veillera à mettre le chiffre précis et le fait qu’il s’agit de l’eau du robinet dans le chapeau et/ou dans le début du texte. On peut faire encore plus court, mais on perd du sens
Des pesticides dans l’eau des Alsaciens


