L’inter

par | 27 04 26 | Editing

La plupart des éléments de titraille dont je vais parler ont été créés d’abord pour des soucis de mise en page. Ce sont des aérations, des respirations. C’est important à savoir parce que cela conditionne leur placement sur une page, qu’elle soit print (imprimée dans le jargon presse) ou web.

Donc l’inter. C’est un petit titre qui est inséré dans le textes, entre deux paragraphes. Il est séparé du paragraphe précédent par un blanc important, son corps est plus gros et plus gras que celui du texte courant. Il assure de nombreux rôles. Voir la mise en page de Libération.

D’abord, il fait respirer le texte. Enfin, le lecteur. L’inter crée une pause dans la lecture. Il casse le gris de la page et permet de ne pas noyer le lecteur. Ainsi, autant on peut s’en passer dans les colonnes un peu courtes, autant, dans les longues, il en faut obligatoirement.

Il y a des erreurs de placement. Autre exemple pris également dans Libération. Il y a une grande colonne sans aucune respiration, c’est une punition pour le lecteur. Et il y a un inter dans une colonne très courte. Ici, l’inter ne fait rien respirer du tout. le changement de colonne est suffisant à faire la rupture qui aide le lecteur à respirer. Au centre, les deux inters sont au même niveau. Quant à ceux de la pages de droite sont trop hauts et trop nombreux.

Là, Il y a donc des erreurs ce qui peut arriver quand on est pressé par le temps. Il faut aussi, sur une même page, éviter que les inters soient à la même hauteur ainsi que de les placer en diagonale sur une page ou sur une double.

Evidemment, sur le Web, ces contraintes n’existent pas. Il y en a d’autres pour assurer le confort de lecture.

L’inter, en print comme sur le Web, est aussi une entrée possible dans le texte. S’il intéresse le lecteur, celui-ci aura plus envie de lire le texte. C’est aussi une aide pour structurer la lecture. Il permet de rebondir d’une partie à l’autre. Et de mettre en valeur le plan. Placé judicieusement, il facilite la lecture du texte.

On le place donc dès qu’on a un texte un peu long (un feuillet ou plus). Mais on n’en place jamais au début d’un texte, sous le chapeau ou proche du reste de la titraille. Il faut un certain nombre de signes de texte avant que n’arrive le premier inter. En général deux paragraphes.

Sur le Web, on évite d’en mettre sous les illustrations. Ils ne servent alors à rien. La respiration est déjà effectuée par l’image. Cela ne fait qu’alourdir la mise en ligne. C’est cependant une erreur très commune. Il y a souvent un manque de réflexion sur le visuel dans nombre de média sur le Web. Mettre un inter n’a rien d’obligatoire. S’il est inutile, autant s’en passer.

L’inter ne doit pas être trop rapproché des autres. Il faut au moins un feuillet entre chaque.

On ne met jamais d’inters dans les interviews, dont la lecture est déjà rythmée par les questions.

Trouver un inter

Ce n’est pas extrêmement difficile. On cherche dans le ou les deux paragraphes qui suivent les mots clés, les mots évocateurs de l’info importante ou décalée, qui va faire tilt.

Ensuite, il y a deux école suivant les journaux. Soit on prend ces mots tels quels et on essaie de les faire entrer sur le calibrage indiqué (une ou deux lignes, rarement plus). C’est ce qui est le plus courant.
Soit on construit une phrase à partir de ces mots clés.

Attention, un inter n’est pas une tête de chapitre. C’est le défaut de nombreux débutants. Ils construisent leur article en différentes parties et donnent un titre à chacune de ces parties. Le problème, dans ce cas là, c’est qu’on a souvent des inters très plats, sans relief. Ils ne relancent donc pas l’intérêt de la lecture.

Sa rédaction doit s’appuyer sur le texte. C’est un extrait du texte éventuellement légèrement réécrit ou pas. Mais pas une tête de chapitre. J’insiste.

Dans de très rares cas, on peut chapitrer un article, dans des articles très didactiques, qui sont mis en page ou en ligne dans cet optique. Mais sinon, on évite.

On peut essayer de trouver des inters qui fonctionnent de la même manière pour tout le papier : une citation, un mot fort, un seul ­adverbe, une mot plus un verbe; etc.

Mais on doit absolument éviter

de faire doublons : c’est-à-dire de faire des répétitions avec d’autres inters ou le reste de la titraille de la même double ou de l’article en entier. Que ce soit sur la forme (répétition de mots) ou sur le fonds (répétition d’idées). C’est un vrai casse tête, parce qu’évidemment, comme on doit travailler sur le texte et trouver des bonnes idées à décliner, celles-ci sont déjà le plus souvent prises par le titre, le chapeau, une relance, etc.

De changer de place un inter déjà écrit. On peut éventuellement le remonter d’un paragraphe, mais si on doit le changer de place, il faut aussi en changer le texte.

Il ne doit en aucun cas se rapporter à ce qui précède.