La légende
A chaque photo, il faut absolument une légende sans quoi elle n’est pas complète. Le mieux, c’est encore de répondre aux questions habituelles : qui, où, quoi, comment, etc. Qui est sur la photo ? où a-t-elle été prise ? que représente la scène ? quelles sont les données chiffrées rapportées dans cette infographie…
Le minimum que l’on puisse faire, c’est de rendre l’illustration significative, éviter que le lecteur ne se pose des questions de fond auxquelles il n’aura pas de réponse.
La légende joue un rôle important
Parce qu’elle est un élément de la lecture rapide et du choix, une façon pour le lecteur d’entrer dans le sujet. Et c’est d’autant plus vrai dans la presse périodique. Quand les légendes sont bâclées ou peu intéressantes, parce que négligées, elles ne remplissent pas leur rôle. Quand le rédacteur bâcle l’écriture de la légende parce que ça l’intéresse moins que la rédaction d’un papier, il commet une erreur parce que meilleures seront les légendes, plus de chances son papier aura d’être lu.
Il y a pourtant des manière d’écrire assez classique et qui facilitent la tâche.
– Comme je le disais, il faut répondre aux questions de référence, aux questions de base que peut se poser le lecteur. Ainsi, dans Innova, dans ce reportage sur le PC Bang, la légende apporte une information à l’image et au texte
– On peut donner une précision, une information supplémentaire qu’on n’a pas pu mettre dans le texte par exemple. Ex. Dans VSD, dans un article sur les fous assassins, une légende sous une photo de Rachida Dati précisait qu’elle s’était rendue dans une prison où un meurtre avait eu lieu par un déséquilibré. Aussi une façon de parler de quelqu’un qui attire les lecteurs alors qu’on ne parle pas d’elle dans le papier.
On peut faire un résumé. Une légende un peu développée permet de raconter l’histoire des photos, de soutenir ainsi le message essentiel du papier. Exemple au moment de l’élection d’Obama, pour une série de photos sur son passé. Une légende en marche… Parfois, on peut même faire de cette légende un encadré.
– Une explication. La légende permet de donner un sens à la photo qui, sinon, serait ambiguë. Comme la légende déjà citée sur Rachida Dati. Notamment à propos des suicides en prison. Il faut donc préciser dans quelle cadre elle a été prise.
– Une citation : sans doute la meilleure façon de procéder quand on a la photo d’une personne dans une interview ou un portrait. On ne va pas redonner le nom de la personne. La citation peut être plus ou moins longue, évidemment.
Ex dans les Inrock, un portrait de Brian Evenson. Sous son portrait en photo, la légende suivante : « Quand vous réalisez que vos écrits peuvent avoir des répercussion pareilles, il faut que chaque mot en vaille la peine. »
Ça, c’est un bon teasing.
On en vient donc à une dernière façon de légender une photo, l’incitation. Une petite phrase qui donne le ton du papier, sans doublon avec le titre ou l’attaque.
On peut raconter une histoire entière avec juste un titre, un chapeau, des photos des légendes et des relances. C’est ce que font XXI, America, Zadig, ou ci-dessous 6 mois, et cela fonctionne.
C’est aussi ce que fait Innova dans ses portfolio.
Les chausse trappe à éviter avant tout
– Le contresens comme une réunion très animée, pour une photo de salle au trois quarts vide, un grand classique de la PQR ;
– l’omission des noms : même les personnages les plus connus ne le sont pas de tous. Comme ici, François Hollande, qu’on peut ne pas reconnaître sur cette photo. D’autant qu’à l’époque, il n’était pas encore président.
–les légendes éliptyques, dont on ne sait pas ce dont elles parlent. Il faut avoir en tête que la première lecture, c’est en général : titre, chapeau, inter et photos plus légende. Donc si la légende est sibylline, ça n’incite pas à la lecture ;
– la distance trop grande entre la légende et l’objet qu’elle illustre.
– Et, surtout, le crédit du photographe, de l’illustrateur, etc.
Un petit éventail de légende à éviter mais qui ont le mérite de faire rire.