Le travail sur la copie (1re partie)
Illustration Laure Colmant avec Canva
1. Quelques règles de base
Elles sont valables pour les SR comme pour les rédacteurs.
– Le SR peut avoir son mot à dire sur le fond mais il est entièrement responsable de la forme. S’il y a dans un texte imprimé, des fautes de français ou d’orthographe, ce n’est pas au rédacteur qu’on ira se plaindre, ni même aux correcteurs d’ailleurs, mais au SR. Parce que c’est de SA responsabilité.
Les tâches du SR sur la copie dépendent souvent de l’organisation et de la taille de la rédaction. Cela dit, chacun fabrique son poste. Même dans des rédactions pléthoriques, où le rôle du SR de base est limité ou fractionné pour des questions de temps, plus on prend des initiatives, plus on a de marge de manœuvre. Et plus le travail est intéressant.
Grosso modo, avant l’arrivée de la PAO et quel que soit le type de presse écrite, le travail était le même. Seul différait le rythme de ces tâches. Très soutenu en quotidien, plus relâché en mensuel (ce qui impliquait un travail plus approfondi).
Depuis l’apparition de la PAO, tout a évolué. Beaucoup de tâches sont automatisées (calibrage, saisi des textes). Et tout est intégré dans les rédactions. Une fois que la rédaction en chef a attribué un emplacement et une longueur à un article, c’est lors de la maquette que tout se décide, notamment la mise en page, la typo, l’équilibre image/texte, le choix des illustrations. Fini les ateliers de photocomposition de photogravure.
En quotidien, tout dépend du quotidien, s’il est national ou régional.
La PAO a supprimé nombre de tâches. Des métiers ont disparu ou sont en train de disparaître (typographes), d’autres se sont modifié. Ce déplacement des tâches a entraîné, surtout dans la presse quotidienne, une bataille sur la frontière des métiers avec les ouvriers du livre à qui revenait le montage. Et, généralement, les tâches techniques du journaliste se sont alourdies.
L’évolution est loin d’être finie. Ainsi, de plus en plus de journaux demandent aux rédacteurs de faire le travail du SR, voir du monteur en mettant leurs textes directement dans la page. Dans certains endroits, on demande déjà aux pigistes de prémaquetter leurs textes et leurs photos, notamment dans les pages pratiques. Et pour le moment, si on commence à se rendre compte que le travail du SR est important aussi sur le multimédia, on ne sait pas toujours à quelle étape le faire intervenir.
Mais il ne faut jamais oublier que le travail du SR, même s’il est plus technique, est un travail journalistique. Ce n’est pas seulement la chasse à la coquille, c’est aussi un travail sur le fond. Car si la PAO a changé les opérateurs, elle n’a pas modifié les opérations nécessaires. Ni Xpress ni Indesign ne font tout seuls la maquette
– ne décident des encombrements
– ne choisissent les photos
– ne font les relectures
– ne décident des caractères, de la justification, du colonage.
Et si les tâches du SR se sont déplacées, elles restent importantes.
En résumé, le SR est un journaliste avec des compétences en
– rédaction
– recherche de l’info
– correction (de plus en plus)
– typographie (de moins en moins)
– mise en page.
Des compétences générales et techniques, qui exigent une grande polyvalence et une grande culture générale (qu’on devrait exiger de tout journaliste).
2 La copie, l’établi du SR.
Même quand on n’est pas SR mais rédacteur, il est important de connaître les tâches qu’un SR est amené à faire sur une copie pour prendre l’habitude de revoir ses propres textes avec les mêmes exigences. Pour prendre ainsi l’habitude d’être exigeants avec soi-même. L’exigence est une des règles de base du travail sur l’info. Ces fonctions sont donc :
– Lecture et vérifications
– Vérification de l’orthographe
– rewriting
(Il est important, quand on en a le temps, de faire tout ce travail en préparation de copie pour ne pas se laisser influencer par des questions de maquette. Par exemple, on a tendance, quand on fait ce travail une fois le texte mis en place, à hésiter à couper une redondance parce qu’on est juste au niveau longueur.)
– rédaction de textes annexes (encadrés pratique ou autres)
– mise à longueur approximative
– pointage icono.
On fait la même chose pour l’éditing et la titraille quand ils sont fournis, sinon, on en propose.
2.1 Lecture
La toute première tâche du SR est de s’assurer que le texte est conforme aussi bien dans son contenu que dans ses dimensions à ce qui a été demandé. Si ce n’est pas le cas, il s’inquiète des raisons du changement et prend les mesures qui s’imposent.
Les raisons des écarts peuvent être diverses et tout à fait justifiées : le journaliste pendant son enquête a changé d’angle pour l’intérêt même de l’enquête, des faits d’actu sont survenus, il a un super scoop et il faut lui faire plus de place, etc.
Il y a aussi des raisons moins honorables : le journaliste n’a pas tout à fait compris la consigne, la maquette a changé sans que le rédacteur ne soit mis au courant, donc le calibrage n’est pas bon, le journaliste ne sait pas calibrer (devenu rare) ou pas couper son propre texte (plus fréquent) où il a déjà coupé 4 000 signes et il n’y arrive plus.
Les mesures qui s’imposent, c’est d’abord l’alerte : du rédacteur en question, de son chef de service si le rédacteur ne peut régler le problème. Il faut alerter jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée (ou si le SR propose une solution jusqu’à ce qu’elle soit validée). Et ne pas lâcher l’affaire tant qu’elle n’est pas réglée. Cela peut aller jusqu’au retrait du papier. Une fois le texte validé, conforme, on passe au travail proprement dit.
Il y a deux lectures différentes que nous sommes censés faire en même temps.
– La lecture sur le fond et la vérification des textes.
– La chasse aux coquilles et aux erreurs de français ou de construction
C’est difficile à conjuguer. Parce que cela ne fait pas appel aux mêmes fonctions cognitives. Je vous conseille de commencer par la première. Évidemment, si vous voyez des coquilles, des répétitions, des fautes de français, ne vous privez pas de les corriger, car vous risquez de ne pas vous en rappeler plus tard, ou même de ne pas les retrouver ni de les remarquer à nouveau.
Pour ce type de lecture, il est important de garder tous ses sens en alerte. Tout ne vient pas du premier coup, à la première lecture. Parfois, on peut passer cinq ou six fois sur une erreur sans même tilter. Et puis, à la septième, on ne sait pas pourquoi, quelque chose qui ne fonctionne pas dans le texte apparaît. Et on met à jour une belle, grosse bêtise. Et dans ces cas-là, quand on a bien failli la laisser passer, on est très content de l’avoir trouvée.
Des fois, une simple impression d’ennui peut être le signe que quelque chose ne fonctionne pas. C’est impressionnant la façon dont le subconscient fonctionne dans ce métier. On peut se laisser avoir par la musique du texte, son style, mais toujours, d’une façon ou d’une autre, s’il y a un problème, on le sent. Si le problème est toujours à la publication, ce n’est pas qu’on ne l’a pas vu, c’est qu’on ne s’est pas écouté. Et il y a des tas de bonnes raisons de ne pas s’écouter : le manque de temps, par exemple… Le fait d’être interrompu tout le temps, etc.
Il faut être particulièrement vigilant à ce que dit le texte, sans se laisser aller à l’anticipation. Nous lisons tous en anticipant. Ce qui nous permet de lire vite. Eh bien, il faut arrêter de le faire parce que si quelque chose qui doit se trouver dans le texte ne s’y trouve pas, on ne le verra pas. Parce qu’on aura anticipé. Et on peut aussi passer à côté d’une grosse coquille parce qu’on aura lu le texte tel qu’on l’anticipe, pas tel qu’il est écrit.
Il faut être très vigilant quant aux contradictions. Un journaliste, emporté par son sujet peut dire une chose au début du texte et quelque chose de totalement contradictoire ensuite, sans en être conscient. Cela arrive d’autant plus facilement qu’il a dû énormément couper son texte. Parce que la pagination a changé par exemple. Ainsi, si vous devez couper 4 000 signes à un texte, vous allez enlever des cheminements, des évolutions qui font que deux paragraphes qui étaient parfaitement liés et cohérents ne le sont plus. Et le journaliste qui est dans son sujet ne s’en rendra pas forcément compte. C’est à nous de le pointer.
Et puis il faut hiérarchiser l’information. Il faut parfois attendre le deuxième ou troisième paragraphe pour lire la bonne info, celle qui va nous permettre de comprendre pourquoi on parle du sujet, celle qui l’ancre dans l’actualité. Cette information doit être remontée en début de texte. La fonction copier coller a été créée pour les SR. Elle existait déjà pour lui bien avant la PAO. Sauf qu’on faisait ça avec de la colle et des ciseaux.
Puis, quand le texte vous semble bien abouti, on fait une relecture quasi mot à mot, phrase à phrase pour en éprouver la solidité, la correction. Comme on pouvait le faire autrefois dans les relectures de dictées, pour ne rien laisser traîner. J’insiste sur cette tâche, pas seulement quand on fait du SR, mais à chaque fois qu’on écrit un papier : on vérifie l’orthographe, la grammaire, le sens des mots. Il y a de très nombreuses erreurs à la mode qui se perpétuent dans ce métier parce que le journaliste croit savoir, et en fait, il se plante.
Il ne faut pas non plus hésiter, quand on a passé du temps sur un texte, à le laisser tranquille pendant une heure ou deux, voire une journée si on en a le temps, pour le revoir à froid, plus tard. Se refaire une virginité par rapport à ce texte.
2.2. Vérifications.
Il est difficile de donner une marche à suivre en ce qui les concerne. Parce qu’il n’y en a pas vraiment. L’important, c’est de se mettre à l’écoute du texte et de soi-même. De se faire confiance. Et surtout, de ne pas faire confiance aux autres, quels qu’ils soient. Y compris le rédacteur en chef, y compris les correcteurs. C’est contraignant, cela nous donne une image un peu désagréable, mais c’est super important.
Deux exemples.
A mes débuts, je travaillais dans un magazine féminin qui publiait des fiches tricot. Qui passaient comme les autres au SR. Et heureusement. Un jour, la SR qui m’a formée et quasi tout appris a été voir la rédactrice en chef
– Dis-moi, le tricot ce mois-ci, c’est bien un pull pour femme ?
– Oui, pour quoi ?
– Parce que ce qu’on a, ce n’est pas un pull mais une brassière. Il manquait une trentaine de rang.
Elle vérifiait tout, y compris les rangs des fiches tricot !
Dans un autre magazine, nous avions l’habitude de publier les photos du calendrier Pirelli chaque année. Pour chaque édition, l’entreprise de pneus conviait un très grand photographe de mode, les plus grands tops model du moment et choisissait un thème. Les photos étaient souvent sublimes et les femmes assez déshabillées. Cette année-là (2008), le thème était « perle d’orient ». Le pigiste engagé pour rédiger le papier d’accompagnement des photos expliquait que cette année, exceptionnellement, le photographe avait choisi de travailler avec un seul mannequin, l’Américaine Coco Rocha. Les pages me sont arrivées pour la toute dernière lecture, celle avant l’envoi à l’imprimerie. Sachant qu’auparavant, il y avait déjà eu beaucoup de relectures : le SR, les correcteurs, le chef d’édition, le chef du service people, le rédaction en chef ou son adjoint…
Première constatation, sur la double d’ouverture, le mannequin n’était pas, ne pouvait pas être Coco Rocha. Il s’agissait d’une jeune asiatique. De plus, Coco Rocha n’est pas américaine mais canadienne d’origine écossaise. Le texte ne correspondait pas à la photo. Personne n’avait tilt qu’il y avait un loup.
J’ai immédiatement averti le chef d’édition et la rédaction en chef. Nous étions terriblement à la bourre. On m’a répondu qu’avec les progrès du maquillage, on pouvait tout à fait faire passer une jeune Canadienne pour une Chinoise. Et on m’a intimé l’ordre de faire partir les pages. Ce que j’ai fait. Mais j’ai continué mes recherches sur Internet parce que je suis têtue quand je suis sûre d’avoir raison. Et j’ai bien fait. J’ai fini par trouver un site tchèque en anglais qui racontait l’histoire des prises de vue du calendrier cette année là et donnait le nom de tous les mannequins. Il y en avait huit dont trois Chinoises.
Les pages ont été rapatriées et le chef d’édition a refait tous les textes. Le chef de fabrication était fou, nous étions au-delà de l’heure limite. Mais nous ne pouvions pas publier trois doubles avec des textes totalement faux.
Quand on relit une recette par exemple, il y a un truc à faire, c’est de vérifier que tous les ingrédients donnés se retrouvent bien dans la recette. Et inversement. C’est tout bête, mais il y en a beaucoup plus de manquants qu’on veut bien le croire. Et quand le lecteur essaie de faire la recette, lui, il ne peut pas deviner les ingrédients.
Évidemment, dans un texte, il faut vérifier tous les noms propres, les lieux, les distances parcourues. Et parfois les positions géographiques. Notamment pour tous les articles journalistiques. Mais pas que…
Je corrigeais un portrait sur Alexandre Ruiz, à l’époque journaliste de sport à Canal+. L’article relatait une anecdote. Devant se rendre à Reims pour suivre un match de foot, le journaliste avait eu un terrible accident de voiture et avait été hospitalisé à Amiens. A Amiens ? Ben dis donc, il y avait plus près. Par acquis de conscience, j’ai quand même vérifié sur une carte. Amiens n’était pas (et n’est toujours pas) du tout sur le chemin entre Paris et Reims. On a appelé l’assistante d’Alexandre Ruiz qui a confirmé. On a pu corriger.
Il faut aussi vérifier les photos dans une maquette. ou une page web. Un maquettiste peut avoir choisi une photo parce qu’elle est très visuelle, mais elle n’a peut être rien à voir avec le papier. Il faut le savoir soit pour faire changer la photo, soit, si ce n’est pas possible, être capable d’écrire une légende qui sauve le coup.
Souvent, sur les photos numériques sont renseignés, outre le nom du photographe et de l’agence, la légende de la photo, la date et le lieu. Mais là encore, il ne faut pas lui faire entièrement confiance. C’est bon pour les dates et les lieux, plus aléatoires pour les gens.
Il faut bien sûr vérifier les légendes, ce qui évitera les accidents de ce style
Sur le dernier exemple, ce qui met en alerte, c’est la contradiction patente entre le texte et la légende de l’infographie.
En règle générale, ce qui vous permettra d’être en alerte, ce sera votre culture générale. Plus elle sera étendue, plus vous serez capable de réagir, même inconsciemment, face à une erreur. Et cette culture, vous devez la nourrir. En préparant les sujets que vous savez être à venir notamment. En laissant traîner vos oreilles.
2.3 La relecture
2.3.1 Le message essentiel
Dans le travail sur un texte, il vaut mieux commencer par se poser des questions naïves, toutes bêtes, comme :
– De quoi parle ce papier ?
– A-t-il exactement identifié son propos ?
Le fait de répondre à ces deux questions permet de réorganiser plus facilement le texte et surtout de le couper. Car on peut ainsi dégager tout ce qui est hors sujet ou hors trajectoire. On doit, comme l’a fait normalement le rédacteur, choisir, trier, remettre en ordre. On recherche ce qu’il y a d’important, on élague le reste. Pour au moins deux bonnes raisons. La foison d’informations nuit à la clarté du propos. Si le lecteur se perd, il tournera la page. Nous sommes, ne l’oubliez, pas dans un mode de lecture loisirs. Et on ne dit bien qu’une seule chose à la fois.
Car quelle que soit la longueur du papier, le lecteur ne retiendra qu’une seule info, l’idée force du texte. Si celle-ci n’est pas claire, apparente, le bénéfice de l’article est nul et le lecteur déçu. Le lecteur ne veut pas tout savoir. Il est encore plus sélectif que nous. Il se contente des choses qu’il juge importantes ou intéressantes. Il ne fera aucun effort pour trouver cette information dans une masse de détails et de précisions annexes. S’il ne trouve pas immédiatement ce qu’il cherche, il arrêtera sa lecture.
Cette information, c’est le message essentiel du papier. C’est une des bases de l’écriture journalistique. C’est donc aussi évidemment une des bases de la réécriture. Quand on reçoit un article, la première chose à faire, c’est de trouver ce message. Et pour cela, il n’y a pas trente-six solutions, il faut se poser les mêmes questions que le rédacteur.
Ainsi, si le papier est un fait d’actualité il faudra répondre aux questions habituelles
– qui, quoi, où, quand, comment, pourquoi…
Si le papier est un article de synthèse, une enquête, une opinion, un reportage il faut déterminer :
– les conclusions auxquelles est parvenu le rédacteur
– l’info clé
– L’idée force des propos d’un interviewé
Une fois qu’on tient le message essentiel, il faut vérifier qu’il soit bien clair. Et si tel n’est pas le cas, il faut le dégager. Ce n’est parfois pas une mince affaire.
Tout le boulot du SR sera, une fois qu’il aura déterminé le message essentiel, de le mettre en valeur dans le papier d’abord, dans l’éditing ensuite. Et cela passe par la hiérarchisation de l’information. Il arrive que l’on reçoive au SR des papiers mal hiérarchisés. Le SR doit donc remettre les informations dans un ordre en fonction de la hiérarchie qu’il a déterminée (après en avoir si c’est possible discuté avec l’auteur).
Si vous êtes rédacteur, je vous conseille de relire vos propres papiers de cette façon avant de rendre la copie.
2.3.2 Et l’angle ?
Il en faut un et un seul car on ne dit bien qu’une seule chose à la fois (j’insiste). Et on ne la raconte jamais que d’une seule manière à la fois. L’angle d’un papier est donc unique. Il fait la proximité, l’originalité et souvent l’humanité d’un sujet. (voir les chapitre sur les genres journalistiques).
L’angle donne un point de vue, un cadre et des limites au recueil, à la sélection, à la vérification et au traitement des infos pour un sujet. Donc le SR doit comprendre quel est l’angle de l’article. Une fois celui-ci défini (ou quand le rédacteur vous l’a donné), à vous d’éliminer tout ce qui n’entre pas dans cet angle-là.
On peut difficilement créer un angle à la réécriture. Mais on peut le dégager, par exemple, par l’éditing ou en faisant les coupes nécessaires. C’est pour cela qu’il est important de travailler un texte en copie, avant de le mettre en page.
2.3.3 La trajectoire
On appelle cela aussi le plan du papier. Il faut que l’attaque soit de qualité et que le lecteur sache où il va. Si un texte n’est pas structuré, il n’est pas accessible. Il y a autant de manière efficace de raconter une histoire que de moyens de perdre le lecteur au fil du texte.
Dans un texte d’information, il faut l’actu en premier, bien sûr, et ensuite un déroulement logique pour un lecteur pas ou peu au fait du sujet. C’est le schéma de pyramide inversée.
Pour les articles de magazine, l’actualité n’est souvent qu’un prétexte pour parler d’un sujet. Il faut faire en fonction de son importance.
Dans une interview, on mettra en avant l’actualité des interviewés (personnalités, comédiens, chanteurs, etc.), s’il y en a une, ou la raison pour laquelle on a trouvé intéressant de les questionner (un chercheur, un médecin, etc.)
Pour que le plan du papier soit mis en valeur, un SR (et un rédacteur) doit absolument faire la chasse :
– aux dissertations scolaires, qui sont l’apanage des journalistes débutants, mais pas que : « introduction, développement, conclusion » sont à proscrire. Tout comme « Thèse, antithèse, synthèse. » La synthèse étant en principe le plus intéressant, il vaut mieux qu’elle se retrouve en début de texte, pas à la fin. Et cela ne sert à rien de déterminer le message essentiel si ce n’est pas pour le faire remonter.
– aux papiers mal agencés, il arrive souvent que le rédacteur donne une info dans le deuxième paragraphe, puis revienne dessus dans le 5e. En général, c’est parce qu’il n’a pas fait de plan avant d’écrire. Le SR doit alors réordonner le texte, en partant du principe que chaque partie est un tout.
– L’information non hiérarchisée. Quand les éléments se succèdent suivant un ordre dicté le plus souvent par la prise de notes ou la découvertes des faits. Il faut mettre en valeur un élément car tout n’est pas d’égale importance. On élague les détails inutiles qui parasitent la transmission du message.
On en profite aussi pour traquer les hors sujets.
Dans toute la trajectoire, il doit y avoir de bons enchaînements entre les étapes. Le lecteur est volage, pour le tenir en éveil, on doit le guider à chaque étape du papier. Dans bons enchaînements, il y a enchaînement, et il y a bon. Il n’y a rien de pire pour un lecteur que de lire des propos qui n’ont de raison d’être que de faire la liaison, c’est un très mauvais plan. Le pire étant la répétition de ce qui vient d’être dit de façon à annoncer ce qui va suivre. La liaison entre deux idées, c’est plus compliqué qu’on ne le croit. Cela doit être léger à la lecture. Il vaut mieux parfois une bonne rupture qu’une mauvaise liaison.