Conclusion : c’est quoi un bon SR

par | 25 04 26 | Secrétariat de rédaction

Photo retravaillée avec l’IA de Canva

Il doit être un journaliste complet. Il doit donc posséder :

– le sens de l’information, pour en juger la valeur et lui donner la place qu’elle mérite suivant la publication pour laquelle il travaille. Dans un quotidien et dans un hebdo d’actualité, il devra avoir un sens important de l’actu.

– Une bonne culture générale : histoire, géographie, littérature, sciences, arts, sports, politiques, etc. les sujets qu’il a à traiter peuvent être très variés. Cette culture, il faut l’entretenir de façon à pouvoir juger sur le fond les contenus des articles et en déceler les erreurs.

En tant que SR, j’ai suivi plusieurs coupes du monde de football. Dont celle de 1998 qui se déroulait en France. A l’époque, pas d’Internet. Un collègue et moi avons préparer nos dossiers pour pouvoir tout corriger : composition des équipes, des staff, renseignements sur les lieux d’accueil des joueurs, règles du jeu, etc.

Nous étions ainsi parés pour répondre à toutes les questions que nous pouvions nous poser. Ce qui ne nous a pas empêcher d’avoir un petit conflit avec nos camarades correcteurs sur la façon d’écrire le nom de l’équipe du Brésil, la Seleção. Un appel à l’ambassade du Brésil nous a finalement donné raison.

Nous avons eu aussi quelques soucis avec le nom de Gérard Houllier qui écrivait une chronique pour nous. Ça la foutait mal.

– Une parfaite maîtrise de la langue. Il faut pouvoir corriger pléonasmes, néologismes, barbarismes. Respecter les divers niveau de langue (coloquial, familier, écrit…). Il faut bien sûr chercher les coquilles et les fautes d’orthographe et de grammaire, les défauts de construction des phrases. J’ajoute aussi qu’il faut avoir une bonne connaissance de la langue en général, de ses expressions, de ses proverbes. Il n’y a rien de pire qu’un mot employé pour un autre, une expression tronquée, un proverbe mal employé. L’auteur devrait, bien sûr, en vérifier le sens. Souvent, il est de bonne foi. C’est en tout cas au SR de vérifier. S’assurer que le message qui passe auprès du lecteur soit le bon.

– Une bonne connaissance du droit de la presse.

– Un sens artistique, ce que j’appelle avoir l’œil maquette.

– et beaucoup, beaucoup de modestie malgré toutes ces qualités. Le SR est le seul journaliste qui ne signe pas bien qu’il écrive, réécrive aussi souvent que les autres, voire parfois plus.

– et puis une bonne dose d’humour et de détachement. Car, si tout va bien, on ne lui dira pas merci. Par contre, si quelque chose cloche, on saura trouver le chemin de son bureau.

Le rôle du SR peut donc paraître ingrat ; mais il se révèle passionnant à la pratique. Le SR est souvent le seul à connaître et à maîtriser l’ensemble du journal et de ses rouages. Il a une vu d’ensemble.

A cela s’ajoutent d’autres avantages :

– il est plus facile de trouver du travail en tant que SR qu’en tant de rédacteur (surtout si on est bon). Et on est mieux payé. Quand on débute dans le métier, c’est souvent un bon biais pour obtenir sa première carte de presse.

– dans les petites rédactions, c’est souvent le seul CDI.

– un bon SR connaît les rouages de la rédaction. Il est donc naturellement amené à prendre des responsabilités. Nombre de rédacteurs en chef ont commencé leur carrière comme SR, nombre de chefs de service aussi.

Le SR mène à tout, à condition d’en sortir bien sûr.